Joachim DU BELLAY (1522-1560)
Ô Prison douce… (1549)
Paris, Arnoul L’Angelier, 1549, XXXI, f° B2v° [←Gallica].

O Prison douce, ou captif ie demeure
Non par dedaing, force, ou inimitié,
Mais par les yeux de ma douce Moitié
Qui m’y tiendra iusq’à tant que ie meure.

O l’An heureux, le Moys, le Iour, & l’Heure,
Que mon cœur feut auecq’ elle allié!
O l’heureux neud, par qui i’y feu’ lié
Bien que souuent ie plaing, soupire, & pleure!

Tous prisonniers, uous etes en soucy,
Craignant la Loy, & le Iuge seuere
Moy plus heureux, ie ne suy’ pas ainsi.

Mille doulx motz, doucement exprimez,
Mil’ doulx baisers, doucement imprimez,
Sont les tormens, ou ma foy perseuere.

Ô prison douce… (1550)
Paris, G. Corrozet & A. L’Angelier, 1550, XXXIII, f° C1r° [←Gallica].

O prison doulcɇ, ou captif ie demeure
Non par dedaing, forcɇ, ou inimitié,
Mais par les yeulx de ma doulce moitié
Qui m’y tiendra iusq’à tant que ie meure.

O l’an heureux, le mois, le iour, & l’heure,
Que mon coeur fut auecq’ ellɇ allié!
O l’heureux nœu, par qui i’y fu’ lié,
Bien que souuent ie plain’, souspirɇ, & pleure!

Tous prisonniers, vous etes en soucy,
Craignant la loy, & le iuge seuere,
Moy plus heureux, ie ne suis pas ainsi.

Mile doulx motz, doulcement exprimez,
Mil’ doulx baisers, doulcement imprimez,
Sont les tormens ou ma foy perseuere.

























Ô prison douce… (1550)
Paris, G. Corrozet & A. L’Angelier, 1550, XXXIII, f° C1r° [←Gallica].

O prison doulcɇ, ou captif ie demeure
Non par dedaing, forcɇ, ou inimitié,
Mais par les yeulx de ma doulce moitié
Qui m’y tiendra iusq’à tant que ie meure.

O l’an heureux, le mois, le iour, & l’heure,
Que mon coeur fut auecq’ ellɇ allié!
O l’heureux nœu, par qui i’y fu’ lié,
Bien que souuent ie plain’, souspirɇ, & pleure!

Tous prisonniers, vous etes en soucy,
Craignant la loy, & le iuge seuere,
Moy plus heureux, ie ne suis pas ainsi.

Mile doulx motz, doulcement exprimez,
Mil’ doulx baisers, doulcement imprimez,
Sont les tormens ou ma foy perseuere.

Ô prison douce… (1569)
Paris, Federic Morel, 1569, XXXIII, f° 16r° [←Gallica].

O prison douce, ou captif ie demeure
Non par dedaing, force, ou inimitié,
Mais par les yeux de ma douce moitié
Qui m’y tiendra iusqu’à tant que ie meure.

O l’an heureux, le mois, le iour, & l’heure,
Que mon coeur fut auecq’ elle allié!
O l’heureux nœu, par qui i’y fu’ lié,
Bien que souuent ie plain’, souspirɇ, & pleure!

Tous prisonniers, vous estes en soucy,
Craignans la loy & le iuge seuere:
Moy plus heureux, ie ne suis pas ainsi.

Mile doux mots, doucement exprimez,
Mil’ doux baisers, doucement imprimez,
Sont les tormens ou ma foy perseuere.






















textes originaux
[R]

 

En ligne le 01/07/13.
Dernière révision le 10/11/18.