Clément MAROT (1496-1544)
Ô pas épars…
Paris, Gilles Corrozet, 1539 [?].

Ô Pas épars, ô pensées soudaines,

Ô âpre ardeur, ô mémoire tenante,
Ô cœur débile, ô volonté puissante,
Ô vous mes yeux, non plus yeux mais fontaines.

Ô branche honneur des vainqueurs capitaines,
Ô seule enseigne aux poètes duisante,
Ô douce erreur, qui sous vie cuisante,
Me fait aller cherchant et monts et plaines,

Ô beau visageamour met la bride,
Et l’éperon, dont il me point et guide,
Comme il lui plaît, et défense y est vaine,

Ô gentils cœurs et âmes amoureuses,
S’il en fut onc, et vous ombres peureuses
Arrêtez-vous, pour voir quelle est ma peine.

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

«««

textes de
Marot

 

«««

1539

»»»

«««

ana­phore
de « ô »

»»»



texte
ori­ginal



~#~

Ô Pas épars, ô pensées soudaines,

Ô âpre ardeur, ô mémoire tenante,
Ô cœur débile, ô volonté puissante,
Ô vous mes yeux, non plus yeux mais fontaines.

Ô branche honneur des vainqueurs capitaines,
Ô seule enseigne aux poètes duisante,
Ô douce erreur, qui sous vie cuisante,
Me fait aller cherchant et monts et plaines,

Ô beau visageamour met la bride,
Et l’éperon, dont il me point et guide,
Comme il lui plaît, et défense y est vaine,

Ô gentils cœurs et âmes amoureuses,
S’il en fut onc, et vous ombres peureuses
Arrêtez-vous, pour voir quelle est ma peine.

 

En ligne le 12/03/16.
Dernière révision le 03/04/16.