Amadis JAMYN (v.1540-1593)
Si la beauté périt…
Paris, Mamert Patisson, 1579.
ouvrir sur Gallica : Oriane, second livre, f° 92v°.

Si la beauté périt, ne l’épargne Maîtresse
Tandis qu’elle fleurit en sa jeune vigueur :
Crois-moi je te suppli’, devant que la vieillesse
Te sillonne le front, fais plaisir de ta fleur.

On voit tomber un fruit quand il est plus que mûr,
Ayant en vain passé la saison de jeunesse :
La feuille tombe après, jaunissant sa verdeur,
Et l’Hiver sans cheveux tous les arbres délaisse.

Ainsi ta grand beauté trop mûre deviendra.
La ride sur ta face en sillon s’étendra,
Et soudain ce beau feu ne sera plus que cendre.

N’épargne donc la fleur qui n’a que son Printemps :
La donnant tu n’y perds, mais tu jouis des ans :
C’est d’une autre lumière une lumière prendre.

On peut cliquer sur certains mots pour voir les épithètes de Maurice de La Porte
 
 

Si la beauté périt, ne l’épargne Maîtresse
Tandis qu’elle fleurit en sa jeune vigueur :
Crois-moi je te suppli’, devant que la vieillesse
Te sillonne le front, fais plaisir de ta fleur.

On voit tomber un fruit quand il est plus que mûr,
Ayant en vain passé la saison de jeunesse :
La feuille tombe après, jaunissant sa verdeur,
Et l’Hiver sans cheveux tous les arbres délaisse.

Ainsi ta grand beauté trop mûre deviendra.
La ride sur ta face en sillon s’étendra,
Et soudain ce beau feu ne sera plus que cendre.

N’épargne donc la fleur qui n’a que son Printemps :
La donnant tu n’y perds, mais tu jouis des ans :
C’est d’une autre lumière une lumière prendre.

 

En ligne le 01/07/11.
Dernière révision le 12/12/12.